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Côte d’Ivoire : Le bilan économique d’Alassane Ouattara est « loin d’être exceptionnel » à celui de Gbagbo
13/03/2020 à 07h48 par Le Boy

Comparé à celui de Gbagbo, le bilan économique de l’actuel chef d’Etat ivoirien Alassane Ouattara est  loin d’être exceptionnel.

À l’occasion d’une émission sur la Nouvelle chaîne ivoirienne (NCI), Jean Bonin compare le bilan économique d’Alassane Ouattara à celui de Gbagbo qui, insiste-t-il, ont œuvré dans des contextes foncièrement différents.

« J’ai déclaré que le président Ouattara avait fait quelques réalisations dans le domaine des infrastructures. Il n’en fallait pas plus pour que cela suscite une levée de boucliers de certains pro ADO contre moi et se mettent à comparer le bilan de Ouattara avec celui de Gbagbo. C’est une erreur de leur part, car comparer deux situations différentes n’a pas de sens. Je fais cette précision car certains parmi eux estiment que j’ai changé. En réalité, je suis le même, sauf que ceux qui m’apprécient lorsque je critique les GOR, les Soroïstes ou le GPS le vivent très mal lorsque j’en fais autant envers leur champion. Je les comprends donc », a-t-il martelé.

« Mais ils devront se faire à l’idée que je suis un libre penseur. Un package complet à prendre ou à laisser. Mon crédo, je l’ai déjà dit, c’est l’honnêteté intellectuelle et la politique autrement. Mon combat c’est le développement de la Côte d’Ivoire, le vivre ensemble, le progrès social pour tous et non de faire plaisir à un camp contre un autre », a fait savoir Jean Bonin.

Prenons à témoin l’histoire.

Toute étude comparative sérieuse tient nécessairement compte de la similarité entre les éléments concernés. Dès lors. Comparer les réalisations du président Gbagbo d’avec ceux du président Ouattara, sans tenir compte de l’environnement politique dans lequel chacun a eu à gouverner serait futile.

Analysons :

En 2000, Gbagbo a hérité d’une dette colossale du pouvoir PDCI, de l’ordre de 6 700 milliards. Les institutions de Breton Woods venaient de rompre toute coopération financière avec ce parti pour cause de détournement de fonds. Pour pouvoir renouer avec la Banque mondiale (BM) et le Fonds Monétaire International (FMI), le Front populaire ivoirien (FPI), devait préalablement s’engager à rembourser les dettes multilatérales contractées par le pouvoir PDCI, que le général Gueï avait, lui, refusé d’honorer.

L’engagement pris par le FPI de rembourser cette dette l’obligera à fonctionner avec un budget dit « sécuriser », caractérisé par des appuis budgétaires extérieurs à minima, et des paiements conséquents au titre du service de la dette.

Évidemment, cela n’a pas été le cas pour Ouattara qui lui, a bénéficié en 2012 de la quasi annulation de la dette publique ivoirienne au titre du point d’achèvement de l’initiative PPTE. Il est bien plus facile de consacrer des fonds au développement des infrastructures lorsqu’on n’a pas une lourde dette antérieure à rembourser. La dette du pays, qui avait été pratiquement effacée en 2012, a été plus que reconstituée en 2020. Elle est actuellement de l’ordre de 12 000 milliards de FCFA.

À partir de 2003, suite aux accords de Marcoussis, un accord pour le partage du pouvoir a été scellé entre le pouvoir FPI et les différents partis de l’opposition d’alors, ainsi que les forces rebelles. Ce n’était donc pas un gouvernement de développement mais un gouvernement de « réconciliation nationale » qui a été mis sur pied de 2003 à 2010, avec pour premiers ministres, successivement Seydou Diarra, Banny et G. Soro. Évidemment ils n’avaient pas pour mission de mettre en œuvre le programme de gouvernement de la refondation, mais plutôt un programme de sortie de crise.

C’est un fait que Ouattara n’a pas hérité d’un tel environnement politique contraignant, qui l’aurait obligé à travailler notamment avec certains ministres analphabètes issus de la rébellion, et d’autres de l’opposition qui lui étaient hostiles et qui par ailleurs étaient majoritaires dans les différents gouvernements concernés.

De même, lorsqu’on a la responsabilité de gérer un pays dans son ensemble, alors qu’on ne perçoit les taxes et autres impôts que dans une partie représentant moins de la moitié de ce pays, il est évident qu’on n’est pas dans la même situation que celui qui perçoit la totalité des recettes fiscales et douanières. Gbagbo devait financer l’ensemble des collectivités territoriales (districts, départements, communes…) et procéder au paiement de tous les fonctionnaires avec le travail des seuls Ivoiriens et entreprises au sud de Bouaké. C’est évidemment un handicap que Ouattara n’a pas connu et qui lui a permis de lever sereinement des fonds sur les différents marchés financiers.

Ces différences d’environnement montrent, si besoin était, que comparer des situations politiques différentes ne sont pas raisonnables. Nonobstant, l’environnement défavorable dans lequel il a été contraint de gouverner, avec son opposition civile et armée, il serait injuste et injustifié de dire qu’il n’a rien réalisé. Pour preuve, en dépit de la guerre et la partition du pays il a notamment pu réaliser. Bref, en termes de réalisation,  les deux hommes ont beaucoup fait pour la Côte d’Ivoire.

 

Avec Yeclo

 

Lire aussi : Côte d’Ivoire: des jeunes opposés à la modification de la constitution interpellés par la police

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Comparé à celui de Gbagbo, le bilan économique de l’actuel chef d’Etat ivoirien Alassane Ouattara est  loin d’être exceptionnel.

À l’occasion d’une émission sur la Nouvelle chaîne ivoirienne (NCI), Jean Bonin compare le bilan économique d’Alassane Ouattara à celui de Gbagbo qui, insiste-t-il, ont œuvré dans des contextes foncièrement différents.

« J’ai déclaré que le président Ouattara avait fait quelques réalisations dans le domaine des infrastructures. Il n’en fallait pas plus pour que cela suscite une levée de boucliers de certains pro ADO contre moi et se mettent à comparer le bilan de Ouattara avec celui de Gbagbo. C’est une erreur de leur part, car comparer deux situations différentes n’a pas de sens. Je fais cette précision car certains parmi eux estiment que j’ai changé. En réalité, je suis le même, sauf que ceux qui m’apprécient lorsque je critique les GOR, les Soroïstes ou le GPS le vivent très mal lorsque j’en fais autant envers leur champion. Je les comprends donc », a-t-il martelé.

« Mais ils devront se faire à l’idée que je suis un libre penseur. Un package complet à prendre ou à laisser. Mon crédo, je l’ai déjà dit, c’est l’honnêteté intellectuelle et la politique autrement. Mon combat c’est le développement de la Côte d’Ivoire, le vivre ensemble, le progrès social pour tous et non de faire plaisir à un camp contre un autre », a fait savoir Jean Bonin.

Prenons à témoin l’histoire.

Toute étude comparative sérieuse tient nécessairement compte de la similarité entre les éléments concernés. Dès lors. Comparer les réalisations du président Gbagbo d’avec ceux du président Ouattara, sans tenir compte de l’environnement politique dans lequel chacun a eu à gouverner serait futile.

Analysons :

En 2000, Gbagbo a hérité d’une dette colossale du pouvoir PDCI, de l’ordre de 6 700 milliards. Les institutions de Breton Woods venaient de rompre toute coopération financière avec ce parti pour cause de détournement de fonds. Pour pouvoir renouer avec la Banque mondiale (BM) et le Fonds Monétaire International (FMI), le Front populaire ivoirien (FPI), devait préalablement s’engager à rembourser les dettes multilatérales contractées par le pouvoir PDCI, que le général Gueï avait, lui, refusé d’honorer.

L’engagement pris par le FPI de rembourser cette dette l’obligera à fonctionner avec un budget dit « sécuriser », caractérisé par des appuis budgétaires extérieurs à minima, et des paiements conséquents au titre du service de la dette.

Évidemment, cela n’a pas été le cas pour Ouattara qui lui, a bénéficié en 2012 de la quasi annulation de la dette publique ivoirienne au titre du point d’achèvement de l’initiative PPTE. Il est bien plus facile de consacrer des fonds au développement des infrastructures lorsqu’on n’a pas une lourde dette antérieure à rembourser. La dette du pays, qui avait été pratiquement effacée en 2012, a été plus que reconstituée en 2020. Elle est actuellement de l’ordre de 12 000 milliards de FCFA.

À partir de 2003, suite aux accords de Marcoussis, un accord pour le partage du pouvoir a été scellé entre le pouvoir FPI et les différents partis de l’opposition d’alors, ainsi que les forces rebelles. Ce n’était donc pas un gouvernement de développement mais un gouvernement de « réconciliation nationale » qui a été mis sur pied de 2003 à 2010, avec pour premiers ministres, successivement Seydou Diarra, Banny et G. Soro. Évidemment ils n’avaient pas pour mission de mettre en œuvre le programme de gouvernement de la refondation, mais plutôt un programme de sortie de crise.

C’est un fait que Ouattara n’a pas hérité d’un tel environnement politique contraignant, qui l’aurait obligé à travailler notamment avec certains ministres analphabètes issus de la rébellion, et d’autres de l’opposition qui lui étaient hostiles et qui par ailleurs étaient majoritaires dans les différents gouvernements concernés.

De même, lorsqu’on a la responsabilité de gérer un pays dans son ensemble, alors qu’on ne perçoit les taxes et autres impôts que dans une partie représentant moins de la moitié de ce pays, il est évident qu’on n’est pas dans la même situation que celui qui perçoit la totalité des recettes fiscales et douanières. Gbagbo devait financer l’ensemble des collectivités territoriales (districts, départements, communes…) et procéder au paiement de tous les fonctionnaires avec le travail des seuls Ivoiriens et entreprises au sud de Bouaké. C’est évidemment un handicap que Ouattara n’a pas connu et qui lui a permis de lever sereinement des fonds sur les différents marchés financiers.

Ces différences d’environnement montrent, si besoin était, que comparer des situations politiques différentes ne sont pas raisonnables. Nonobstant, l’environnement défavorable dans lequel il a été contraint de gouverner, avec son opposition civile et armée, il serait injuste et injustifié de dire qu’il n’a rien réalisé. Pour preuve, en dépit de la guerre et la partition du pays il a notamment pu réaliser. Bref, en termes de réalisation,  les deux hommes ont beaucoup fait pour la Côte d’Ivoire.

 

Avec Yeclo

 

Lire aussi : Côte d’Ivoire: des jeunes opposés à la modification de la constitution interpellés par la police

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