Doingbuzz – Le pouvoir de l'information à votre portée
Coronavirus : le Maroc s’apprête à entrer en phase de dépistage massif
04/04/2020 à 12h13 par La redaction

Un mois après la déclaration du premier cas de coronavirus, le royaume renforce ses capacités de dépistage. Conséquence : une recrudescence des cas identifiés positifs au Covid-19 qui devrait affoler les compteurs.

Vendredi 28 février, Casablanca est en pleine effervescence. Les citadins sont loin de se douter que le pays entrera en état d’urgence sanitaire trois semaines plus tard. Un véhicule utilitaire fait une livraison spéciale dans une impasse du boulevard Abdelmoumen, une des artères principales de la métropole : le premier lot de tests « Polymerase Chain Reaction » (PCR) arrive à l’Institut Pasteur. Considéré encore comme le plus fiable des tests cliniques pour le Sras, il permet d’identifier la présence du coronavirus en quatre à six heures.

Une trentaine de patients présentant des symptômes sont dépistés dès ce premier week-end de mars et le résultat est sans appel : le coronavirus a déjà franchi les frontières du royaume. Agé de 39 ans, un Marocain qui venait de rentrer de Bergame en Italie le 27 février se découvre positif après s’être présenté à l’hôpital avec des symptômes.

En déclarant ce premier cas, le 2 mars, le royaume n’avait alors effectué qu’une trentaine de tests. Et un mois plus tard, au 2 avril, moins de 4 000 tests avaient été effectués pour 676 cas déclarés. « En 31 jours, nous avons effectué autant de tests que l’Allemagne en une heure et demie… Il faut dire que Berlin a une capacité de 500 000 tests hebdomadaires », souligne un médecin spécialiste en épidémiologie, catégorique : « Le nombre de cas déclarés au Maroc est encore appelé à s’accroître, c’est mécanique. Plus on testera de personnes, plus on déclarera de cas ! » Comprenez : le royaume a adopté jusque-là une approche sanitaire basée sur le diagnostic et s’apprête à peine à passer à une phase de dépistage massif.

Détermination des cas suspects

Mardi 31 mars, au ministère de la Santé, énième réunion de la Commission scientifique et technique consultative sur les affections respiratoires aigües. « Le Maroc est entré dans sa troisième semaine de fermeture des frontières, il fallait donc discuter de l’adaptation de la détermination des cas possibles en fonction de cette nouvelle donne. Sous peu, il n’y aura donc plus de cas de personnes ayant voyagé ou séjourné dans une zone à risques, dans les quatorze jours précédents », détaille une source proche du dossier.

Aussi, la définition même des « cas suspects », élément clé du dispositif national d’identification des contaminés, doit être révisée. Car s’il n’y a plus de foyers importés, la vigilance est désormais tournée vers les clusters internes. Outre les patients présentant une infection respiratoire aigüe, considérés depuis la première définition du 26 février comme des cas suspects, est jugée susceptible d’être atteinte du coronavirus, toute personne « ayant été en contact avec un cas confirmé d’infection par le Sars-Cov-2, deux jours avant et pendant que ce dernier était symptomatique ». C’est ce que stipule la dernière mise à jour rendue publique de la procédure marocaine effectuée le 22 mars.

Un homme désinfecte les alentours du Parlement à Rabat, le 18 mars 2020, pour prévenir la propagation de l'épidémie de coronavirus au Maroc.

Une dizaine de jours auparavant, cette définition des cas suspects avait été élargie, entre autres, au personnel de « laboratoire ayant manipulé des prélèvements d’un cas confirmé de Covid-19, qui présente une pneumonie », en plus évidemment de « tout professionnel de santé exerçant dans un hôpital où un cas de Covid-19 est pris en charge », prévu dès le premier plan d’urgence. Et à chaque fois que le royaume a révisé la définition des cas susceptibles, il a rehaussé la cadence de ses tests.

Testez ! Testez !

Jeudi 12 mars à 19 heures, après un silence radio de 48 heures, le ministère de la Santé annonce un doublement du nombre de patients : de 3 à 6. Les communicants du département insistent peu, alors, sur l’augmentation du nombre de tests quotidiens : d’une poignée… à une trentaine. La cadence va désormais s’accélérer : 80 nouveaux tests pour la seule journée du 20 mars, 160 diagnostics cinq jours plus tard, jusqu’à 562 le 27 mars, journée record durant laquelle 345 cas sont recensés, pour 1 768 personnes examinées. « Durant la semaine écoulée, nous sommes passés à une moyenne de 345 tests quotidiens, contre 5 à 6 au début du mois », affirme notre source. Et cela ne fait que commencer…

NOUS SOMMES EN TRAIN D’ACQUÉRIR D’AUTRES TECHNIQUES DE DIAGNOSTIC, PLUS SIMPLES, MAIS QUI APPORTERAIENT DES RÉSULTATS PLUS FIABLES

La réunion du 31 mars de la commission scientifique permis de discuter de la short-list des fournisseurs potentiels d’un lot de 100 000 kits de tests rapides. « Nous sommes en train d’acquérir d’autres techniques de diagnostic, plus simples, mais qui apporteraient des résultats aussi fiables que ceux des laboratoires utilisant la technique dite PCM », a confirmé Mohamed El Youbi, directeur de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies au ministère de la Santé. Et d’ajouter : « Nous ne pouvons pas acquérir 100 000 appareils de laboratoire d’un seul coup, mais nous nous inscrivons dans la logique d’acquisition de tests de diagnostic rapide en quantités suffisantes. »

Le royaume a donc bien entendu l’appel de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Nous avons un message simple pour tous les pays : testez, testez, testez tous les cas suspects », a lancé le 16 mars le directeur général de l’institution, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le Maroc a par ailleurs déjà élargi ses capacités au niveau des laboratoires : alors que les analyses s’effectuaient jusque-là entre Casablanca et Rabat – à l’Institut Pasteur, à l’Institut national d’hygiène, ou dans des hôpitaux militaires – les CHU sont désormais autorisés les uns après les autres à pratiquer des tests.

RECEVEZ NOTRE NEWSLETTER ET ALERTE MAIL

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à Doingbuzz et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

Rejoignez les 83 502 autres abonnés

Ne partez pas sans partager :

Contenu sponsorisé

DOINGBUZZ TV

Partagez l'opportunité que représente la plateforme Togopapel.com autour de vous.
Le site de petites annonces 100% gratuit et togolais est un outil inclusif pour vendre et acheter partout au Togo.

togopapel
WHATSAPP:

Vous êtes sur whatsapp, intégrez et récevez nos articles depuis nos groupes disponible sur whatsapp

🚨 DOINGBUZZ ACTUALITE
(PLEIN) DOINGBUZZ ACTUALITE(PLEIN) DOINGBUZZ ACTUALITE (PLEIN) DOINGBUZZ ACTUALITE (PLEIN) DOINGBUZZ ACTUALITE .
groupe emploi whatsapp doingbuzz-🇧🇯 Bénin- 🇧🇯 Bénin - 🇧🇯 Bénin -🇧🇯 Bénin-🇳🇪 Niger - 🇸🇳 Sénégal - 🇸🇳 Sénégal - 🇸🇳 Sénégal - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo 🇨🇮- Côte d'Ivoire 🇨🇮- Côte d'Ivoire 🇨🇮- Côte d'Ivoire -🇨🇲 Cameroun -🇨🇲 Cameroun -🇨🇲 Cameroun -🇨🇲 Cameroun - 🇫🇷 France - 🇫🇷 France - 🇲🇱 Mali - 🇧🇫 Burkina Faso - 🇧🇫 Burkina Faso -🇬🇦 Gabon -🇬🇳 Guinéé - 🇲🇱 Mali - 🇲🇱 Mali - 🇨🇩 Congo -Pour les autres pays

NB: NE PAYEZ AUCUN FRAIS DE DOSSIERS POUR UNE OFFRE D’EMPLOI

Plus de news

Au chômage, malgré trois Masters ce jeune homme émeut la toile

12/10/2020

Au chômage,...

Malgré un parcours académique, très riche, Bamba...
Affi N'guessan : "Là où c'est calé, nous allons décaler"

12/10/2020

Affi N’guessan...

« Là où c'est bouclé, nous allons...
Nécrologie: Décès de l’acteur Simon Pierre Nikiema dit BRIGA

12/10/2020

Nécrologie: Décès...

« Briga » de son vrai nom Simon Pierre...
L'opposition ivoirienne appelle l'ONU au secours

12/10/2020

L’opposition ivoirienne...

  Les membres de l'opposition ivoirienne se...
Faure Gnassingbé a présidé son premier séminaire gouvernemental

12/10/2020

Faure Gnassingbé...

Faure Gnassingbé, le père de la nation...
Soumaïla Cissé, prochain Président malien ?

12/10/2020

Soumaïla Cissé,...

Six mois après son kidnapping, le leader...
Côte d'Ivoire : Hamed Bakayoko vient d'avoir son doctorat

12/10/2020

Côte d’Ivoire...

Félicitations au Premier ministre pour ce nouveau...
Murielle Ahouré nommée ambassadrice nationale de l’UNICEF

12/10/2020

Murielle Ahouré...

La championne du monde s’engage pour l’éducation...
Malcolm X : un de ses assassins révèle le motif du meurtre-Vidéo

12/10/2020

Malcolm X...

Malcolm X s’exprimait lors d’une manifestation de...
Côte d'Ivoire : Debordo Leekunfa se prononce sur la situation sociopolitique

12/10/2020

Côte d’Ivoire...

  La tension sociopolitique qui sévit en...
Côte d’ivoire: ”Nous sommes prêts à mourir pour notre pays…”, les vérités d’Amon Tanoh à Alassane Ouattara

12/10/2020

Côte d’ivoire:...

S’il y a un homme dont le...
10 choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur Osama Ben Laden

12/10/2020

10 choses...

Cela fait quatre ans qu’une opération du...
Le Sénégal veut inscrire son traditionnel ”Thiébou dieune” au patrimoine de l’Unesco

12/10/2020

Le Sénégal...

Le dossier complet de la candidature est...
Mali : Une otage Suisse tuée par des terroristes

11/10/2020

Mali :...

Le conseiller fédéral suisse des Affaires étrangères...
Présidentielle aux USA : Akon, conseiller du candidat Brock Pierce

11/10/2020

Présidentielle aux...

L'artiste et crypto entrepreneur Akon, deux fois...
Liban : 4 morts dans  l’explosion d’un entrepôt de carburant

11/10/2020

Liban :...

Encore une explosion qui frappe le Liban....
La France fait une incroyable demande à Guillaume Soro

11/10/2020

La France...

  L'Elysée vient de remettre l'ancien président...
Singapour va payer ses citoyens pour faire des bébés

11/10/2020

Singapour va...

Singapour offre un paiement unique pour encourager...
L'opposition ivoirienne appelle l'ONU au secours

11/10/2020

Meeting de...

Le Président du PDCI, Henri Konan Bédié...
Malcolm X : un de ses assassins révèle le motif du meurtre

11/10/2020

Malcolm X...

Malcolm X s’exprimait lors d’une manifestation de...

Un mois après la déclaration du premier cas de coronavirus, le royaume renforce ses capacités de dépistage. Conséquence : une recrudescence des cas identifiés positifs au Covid-19 qui devrait affoler les compteurs.

Vendredi 28 février, Casablanca est en pleine effervescence. Les citadins sont loin de se douter que le pays entrera en état d’urgence sanitaire trois semaines plus tard. Un véhicule utilitaire fait une livraison spéciale dans une impasse du boulevard Abdelmoumen, une des artères principales de la métropole : le premier lot de tests « Polymerase Chain Reaction » (PCR) arrive à l’Institut Pasteur. Considéré encore comme le plus fiable des tests cliniques pour le Sras, il permet d’identifier la présence du coronavirus en quatre à six heures.

Une trentaine de patients présentant des symptômes sont dépistés dès ce premier week-end de mars et le résultat est sans appel : le coronavirus a déjà franchi les frontières du royaume. Agé de 39 ans, un Marocain qui venait de rentrer de Bergame en Italie le 27 février se découvre positif après s’être présenté à l’hôpital avec des symptômes.

En déclarant ce premier cas, le 2 mars, le royaume n’avait alors effectué qu’une trentaine de tests. Et un mois plus tard, au 2 avril, moins de 4 000 tests avaient été effectués pour 676 cas déclarés. « En 31 jours, nous avons effectué autant de tests que l’Allemagne en une heure et demie… Il faut dire que Berlin a une capacité de 500 000 tests hebdomadaires », souligne un médecin spécialiste en épidémiologie, catégorique : « Le nombre de cas déclarés au Maroc est encore appelé à s’accroître, c’est mécanique. Plus on testera de personnes, plus on déclarera de cas ! » Comprenez : le royaume a adopté jusque-là une approche sanitaire basée sur le diagnostic et s’apprête à peine à passer à une phase de dépistage massif.

Détermination des cas suspects

Mardi 31 mars, au ministère de la Santé, énième réunion de la Commission scientifique et technique consultative sur les affections respiratoires aigües. « Le Maroc est entré dans sa troisième semaine de fermeture des frontières, il fallait donc discuter de l’adaptation de la détermination des cas possibles en fonction de cette nouvelle donne. Sous peu, il n’y aura donc plus de cas de personnes ayant voyagé ou séjourné dans une zone à risques, dans les quatorze jours précédents », détaille une source proche du dossier.

Aussi, la définition même des « cas suspects », élément clé du dispositif national d’identification des contaminés, doit être révisée. Car s’il n’y a plus de foyers importés, la vigilance est désormais tournée vers les clusters internes. Outre les patients présentant une infection respiratoire aigüe, considérés depuis la première définition du 26 février comme des cas suspects, est jugée susceptible d’être atteinte du coronavirus, toute personne « ayant été en contact avec un cas confirmé d’infection par le Sars-Cov-2, deux jours avant et pendant que ce dernier était symptomatique ». C’est ce que stipule la dernière mise à jour rendue publique de la procédure marocaine effectuée le 22 mars.

Un homme désinfecte les alentours du Parlement à Rabat, le 18 mars 2020, pour prévenir la propagation de l'épidémie de coronavirus au Maroc.

Une dizaine de jours auparavant, cette définition des cas suspects avait été élargie, entre autres, au personnel de « laboratoire ayant manipulé des prélèvements d’un cas confirmé de Covid-19, qui présente une pneumonie », en plus évidemment de « tout professionnel de santé exerçant dans un hôpital où un cas de Covid-19 est pris en charge », prévu dès le premier plan d’urgence. Et à chaque fois que le royaume a révisé la définition des cas susceptibles, il a rehaussé la cadence de ses tests.

Testez ! Testez !

Jeudi 12 mars à 19 heures, après un silence radio de 48 heures, le ministère de la Santé annonce un doublement du nombre de patients : de 3 à 6. Les communicants du département insistent peu, alors, sur l’augmentation du nombre de tests quotidiens : d’une poignée… à une trentaine. La cadence va désormais s’accélérer : 80 nouveaux tests pour la seule journée du 20 mars, 160 diagnostics cinq jours plus tard, jusqu’à 562 le 27 mars, journée record durant laquelle 345 cas sont recensés, pour 1 768 personnes examinées. « Durant la semaine écoulée, nous sommes passés à une moyenne de 345 tests quotidiens, contre 5 à 6 au début du mois », affirme notre source. Et cela ne fait que commencer…

NOUS SOMMES EN TRAIN D’ACQUÉRIR D’AUTRES TECHNIQUES DE DIAGNOSTIC, PLUS SIMPLES, MAIS QUI APPORTERAIENT DES RÉSULTATS PLUS FIABLES

La réunion du 31 mars de la commission scientifique permis de discuter de la short-list des fournisseurs potentiels d’un lot de 100 000 kits de tests rapides. « Nous sommes en train d’acquérir d’autres techniques de diagnostic, plus simples, mais qui apporteraient des résultats aussi fiables que ceux des laboratoires utilisant la technique dite PCM », a confirmé Mohamed El Youbi, directeur de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies au ministère de la Santé. Et d’ajouter : « Nous ne pouvons pas acquérir 100 000 appareils de laboratoire d’un seul coup, mais nous nous inscrivons dans la logique d’acquisition de tests de diagnostic rapide en quantités suffisantes. »

Le royaume a donc bien entendu l’appel de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Nous avons un message simple pour tous les pays : testez, testez, testez tous les cas suspects », a lancé le 16 mars le directeur général de l’institution, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le Maroc a par ailleurs déjà élargi ses capacités au niveau des laboratoires : alors que les analyses s’effectuaient jusque-là entre Casablanca et Rabat – à l’Institut Pasteur, à l’Institut national d’hygiène, ou dans des hôpitaux militaires – les CHU sont désormais autorisés les uns après les autres à pratiquer des tests.

RECEVEZ NOTRE NEWSLETTER ET ALERTE MAIL

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à Doingbuzz et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

Rejoignez les 83 502 autres abonnés

Ne partez pas sans partager :

Laisser votre commentaire