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Colmar espère sortir du cercle des touristes disparus
07/06/2020 à 00h01 par La redaction

La ville alsacienne avait l’habitude d’accueillir 3,5 millions de touristes par an. Tout s’est arrêté avec le coronavirus. Hôteliers, stars de la gastronomie ou commerçants de quartier attendent le redémarrage. Les villages alentour espèrent tirer leur épingle du jeu.

Colmar (Haut-Rhin) et ses environs, de notre envoyé spécial.– C’était il y a trois mois tout juste. Autant dire un siècle. Dans les premiers jours de mars, Gilbert Meyer, inoxydable maire (LR) de Colmar, 78 ans et en campagne pour son cinquième mandat consécutif, rencontrait les commerçants du centre-ville. La préfecture du Haut-Rhin, qu’il administre depuis 1995, venait de remporter le prix « European best destination », plébiscitée par presque 180 000 internautes, devant Athènes et Tbilissi.

Une distinction de plus pour cette ville de 70 000 habitants nichée entre Strasbourg et Mulhouse, au pied des Vosges et des coteaux de vigne qui dessinent la célèbre route des vins. Chaque année, selon l’office de tourisme, Colmar attire la bagatelle de 3,5 millions de visiteurs, dont 1,5 million rien qu’entre fin novembre et fin décembre, pour visiter le marché de Noël. La moitié sont des étrangers.

Le site internet organisateur du prix ne retenait pas ses louanges devant les « centaines de maisons à colombages centenaires », les « jolis canaux », le « centre-ville piétonnier florissant » et son « choix impressionnant de restaurants de qualité » – 200, exactement. De quoi attirer des visiteurs du monde entier, et notamment d’Allemagne et de Suisse, les frontières n’étant qu’à quelques dizaines de kilomètres de la ville.

Colmar multiplie les paysages de carte postale © D.I.Colmar multiplie les paysages de carte postale © D.I.

Attention, avait en substance prévenu le maire, selon un des commerçants présents à la réunion : un nouvel afflux de touristes était à prévoir, et il ne fallait pas céder totalement aux sirènes du « tourisme de masse », cet épouvantail pour des habitants toujours un peu irrités de voir passer des hordes de touristes (900 000 nuitées assurées dans les 36 hôtels de la ville chaque année).

Depuis deux ans déjà, à la suite du triomphe d’une émission de téléréalité chinoise tournée dans un restaurant local, le débat s’était engagéautour des quelques milliers de Chinois venus s’ajouter aux Allemands, Suisses, Belges, Américains, Espagnols et Italiens déambulant dans les ruelles pavées du centre. Bref, avait suggéré Gilbert Meyer aux hôteliers : pourquoi ne pas songer à augmenter un peu les prix, pour modérer les ardeurs de la foule ?

Chinese Restaurant : une émission de téléréalité chinoise tournée à Colmar. © France 3 Grand Est

Ce temps est révolu. Le 15 mars, Gilbert Meyer a été devancé au premier tour de l’élection municipale par son rival de droite, Éric Straumann, puis a été frappé par un AVC. N’ayant pas réussi à apaiser les dissensions entre ses deux principaux lieutenants, il a refusé de présenter sa liste au second tour, à la stupeur générale.

Quant aux hordes de touristes, elles se sont volatilisées, avant même que le confinement cantonne les Français chez eux le 17 mars. Pendant plusieurs semaines à partir de la fin février, Colmar s’est en effet trouvée, comme tout le Haut-Rhin, aux prises avec la manifestation la plus virulente du Covid-19 en France. A posteriori, l’hôpital de Colmar a retracé des cas remontant à mi-novembre.

Le service de réanimation a été submergé, et le coût humain est terrible : le département est le plus touché dans l’Hexagone, devant la Seine-Saint-Denis, avec un nombre de décès 2,5 fois supérieur à l’année précédente pour la période du 2 mars au 19 avril, selon l’Insee. Et les rues de la ville natale d’Auguste Bartholdi, sculpteur de la statue de la Liberté, se sont retrouvées désertées.

Du jour au lendemain, les rues de Colmar ont été désertées. © D.I.Du jour au lendemain, les rues de Colmar ont été désertées. © D.I.

« Début mars, nous discutions déjà d’une fermeture de nos hôtels, parce qu’on voyait nos plannings de réservation se vider complètement », témoigne Olivier Glé, le directeur des opérations du groupe SGH, qui détient neuf hôtels dans toute la région (et en reconstruit un dixième à Colmar). « Quand nous avons fermé le 17 mars en raison de l’annonce du confinement, il restait entre zéro et trois chambres occupées dans chacun de nos hôtels, et nous comptions seulement quelques réservations pour la semaine suivante », indique celui qui représente aussi les hôteliers colmariens à l’Umih, le syndicat professionnel de l’hôtellerie-restauration.

Quasiment tous les hôtels de la ville ont vécu la même situation, une toute petite poignée restant ouverts et recevant de très rares visiteurs. Idem pour les nombreux gîtes qui quadrillent la ville, petits appartements achetés par des petits propriétaires misant sur une rentabilité record.

C’est du jamais-vu. Au mois de mars, les quelque 2 000 chambres de la ville connaissent généralement un taux d’occupation oscillant entre 50 % et 80 %. Et depuis plusieurs années, le mois d’avril est excellent : l’hôtel Turenne, le trois étoiles de 93 chambres où nous reçoit Olivier Glé, a accueilli 4 500 personnes en avril 2019, contre 5 500 en décembre, le meilleur mois de l’année. Des touristes, bien sûr, mais aussi une clientèle d’affaires, en lien avec les nombreuses entreprises internationales implantées dans la région.

« Mais cette année, nous avons réalisé zéro chiffre d’affaires depuis le 17 mars, souligne l’hôtelier. Et nous estimons qu’en 2020 nos neuf hôtels perdront 60 % à 70 % de chiffre d’affaires par rapport à 2019. » Ces chiffres sont cohérents avec ceux du gouvernement. Pour les dix départements de la région Grand-Est, le chiffre d’affaires de l’industrie touristique est attendu en baisse de 80 % jusqu’à l’été. Et les deux départements alsaciens concentrent la moitié de cette activité…

À Colmar, l’hôtel Turenne devrait rouvrir le 15 juin. Le gestionnaire a attendu que les réservations enregistrées permettent de couvrir les charges de personnel, que les restaurants rouvrent, et qu’on puisse à nouveau franchir les frontières allemande et suisse, ce qui devrait être le cas à partir de la mi-juin.

Une boutique de souvenirs. © D.I.Une boutique de souvenirs. © D.I.

Un peu partout, les hôtels et les restaurants rallument leurs enseignes. Le premier soir de leur déconfinement, mardi 2 juin, les bars ont fait le plein, pour une longue soirée à la météo parfaite. Une dizaine de restaurants avaient rouvert pour l’occasion, suivis par de nombreux autres ce week-end.

Le signe que l’activité reprend ? Olivier Kritter, responsable du service accueil à l’office de tourisme de la ville, l’espère. « Même après la réouverture des magasins le 11 mai, Colmar est restée très calme, très peu fréquentée, constate-t-il. Une ville sans ses restaurants, ses terrasses et ses bars, c’est une ville qui ne vit pas. Depuis mardi, Colmar se réveille doucement. »

Mais, est bien obligé de constater Olivier Kritter, « il n’y a pas encore de touristes ». Et les indices qu’il collecte ne sont pour l’heure pas très encourageants. « À l’office de tourisme, nous ne sommes débordés ni par les mails, ni par le téléphone, il n’y a pas beaucoup de demandes, indique-t-il. Après les attentats de novembre 2015 à Paris, et même l’attentat au marché de Noël de Strasbourg en décembre 2018 [qui a fait 5 morts – ndlr], nous n’avions pas senti de baisse. Cette fois, c’est différent. »

La situation est inédite pour ce professionnel habitué à gérer un flot ininterrompu de touristes de début avril à la mi-octobre. « C’est désarmant, on attend, souffle-t-il. On part vraiment dans l’inconnu. » Près de l’emblématique place des Dominicains, les revendeurs de tickets pour le petit train touristique qui sillonne la ville plusieurs fois par jour n’attirent personne. Ils en sont réduits à héler les habitants, en leur jurant que « le petit train, c’est pour tout le monde, pas seulement les touristes ! ».

Sur la route des vins, près d’Ammerschwihr. © D.I.Sur la route des vins, près d’Ammerschwihr. © D.I.

« C’est une grande première, espérons que ce soit une grande dernière », lance Christophe Crupi, le responsable du parc des expositions. Habituée à réunir 650 000 visiteurs par an sur ses foires et salon, son entreprise évalue déjà ses pertes à 70 % ou 80 % par rapport à 2019. Le plus gros trou est creusé par l’annulation de la Foire aux vins, qui devait se tenir du 24 juillet au 2 août.

Salon très grand public du secteur de la gastronomie, doublé d’un festival de musiques actuelles, la Foire a rassemblé pas moins de 316 000 visiteurs l’an dernier. Et les conséquences de son annulation se feront sentir longtemps.

« L’an dernier, nous avons calculé les retombées économiques de l’événement à 40 millions d’euros pour le territoire, détaille le directeur. Et nous estimons que 4 000 à 5 000 personnes travaillent sur le salon, entre les 350 exposants, les concerts, et tous les prestataires : montage et démontage des stands, son et lumière, production des spectacles, nettoyage. Ce sont souvent des petites entreprises qui, espérons-le, seront encore là à la rentrée. »

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La ville alsacienne avait l’habitude d’accueillir 3,5 millions de touristes par an. Tout s’est arrêté avec le coronavirus. Hôteliers, stars de la gastronomie ou commerçants de quartier attendent le redémarrage. Les villages alentour espèrent tirer leur épingle du jeu.

Colmar (Haut-Rhin) et ses environs, de notre envoyé spécial.– C’était il y a trois mois tout juste. Autant dire un siècle. Dans les premiers jours de mars, Gilbert Meyer, inoxydable maire (LR) de Colmar, 78 ans et en campagne pour son cinquième mandat consécutif, rencontrait les commerçants du centre-ville. La préfecture du Haut-Rhin, qu’il administre depuis 1995, venait de remporter le prix « European best destination », plébiscitée par presque 180 000 internautes, devant Athènes et Tbilissi.

Une distinction de plus pour cette ville de 70 000 habitants nichée entre Strasbourg et Mulhouse, au pied des Vosges et des coteaux de vigne qui dessinent la célèbre route des vins. Chaque année, selon l’office de tourisme, Colmar attire la bagatelle de 3,5 millions de visiteurs, dont 1,5 million rien qu’entre fin novembre et fin décembre, pour visiter le marché de Noël. La moitié sont des étrangers.

Le site internet organisateur du prix ne retenait pas ses louanges devant les « centaines de maisons à colombages centenaires », les « jolis canaux », le « centre-ville piétonnier florissant » et son « choix impressionnant de restaurants de qualité » – 200, exactement. De quoi attirer des visiteurs du monde entier, et notamment d’Allemagne et de Suisse, les frontières n’étant qu’à quelques dizaines de kilomètres de la ville.

Colmar multiplie les paysages de carte postale © D.I.Colmar multiplie les paysages de carte postale © D.I.

Attention, avait en substance prévenu le maire, selon un des commerçants présents à la réunion : un nouvel afflux de touristes était à prévoir, et il ne fallait pas céder totalement aux sirènes du « tourisme de masse », cet épouvantail pour des habitants toujours un peu irrités de voir passer des hordes de touristes (900 000 nuitées assurées dans les 36 hôtels de la ville chaque année).

Depuis deux ans déjà, à la suite du triomphe d’une émission de téléréalité chinoise tournée dans un restaurant local, le débat s’était engagéautour des quelques milliers de Chinois venus s’ajouter aux Allemands, Suisses, Belges, Américains, Espagnols et Italiens déambulant dans les ruelles pavées du centre. Bref, avait suggéré Gilbert Meyer aux hôteliers : pourquoi ne pas songer à augmenter un peu les prix, pour modérer les ardeurs de la foule ?

Chinese Restaurant : une émission de téléréalité chinoise tournée à Colmar. © France 3 Grand Est

Ce temps est révolu. Le 15 mars, Gilbert Meyer a été devancé au premier tour de l’élection municipale par son rival de droite, Éric Straumann, puis a été frappé par un AVC. N’ayant pas réussi à apaiser les dissensions entre ses deux principaux lieutenants, il a refusé de présenter sa liste au second tour, à la stupeur générale.

Quant aux hordes de touristes, elles se sont volatilisées, avant même que le confinement cantonne les Français chez eux le 17 mars. Pendant plusieurs semaines à partir de la fin février, Colmar s’est en effet trouvée, comme tout le Haut-Rhin, aux prises avec la manifestation la plus virulente du Covid-19 en France. A posteriori, l’hôpital de Colmar a retracé des cas remontant à mi-novembre.

Le service de réanimation a été submergé, et le coût humain est terrible : le département est le plus touché dans l’Hexagone, devant la Seine-Saint-Denis, avec un nombre de décès 2,5 fois supérieur à l’année précédente pour la période du 2 mars au 19 avril, selon l’Insee. Et les rues de la ville natale d’Auguste Bartholdi, sculpteur de la statue de la Liberté, se sont retrouvées désertées.

Du jour au lendemain, les rues de Colmar ont été désertées. © D.I.Du jour au lendemain, les rues de Colmar ont été désertées. © D.I.

« Début mars, nous discutions déjà d’une fermeture de nos hôtels, parce qu’on voyait nos plannings de réservation se vider complètement », témoigne Olivier Glé, le directeur des opérations du groupe SGH, qui détient neuf hôtels dans toute la région (et en reconstruit un dixième à Colmar). « Quand nous avons fermé le 17 mars en raison de l’annonce du confinement, il restait entre zéro et trois chambres occupées dans chacun de nos hôtels, et nous comptions seulement quelques réservations pour la semaine suivante », indique celui qui représente aussi les hôteliers colmariens à l’Umih, le syndicat professionnel de l’hôtellerie-restauration.

Quasiment tous les hôtels de la ville ont vécu la même situation, une toute petite poignée restant ouverts et recevant de très rares visiteurs. Idem pour les nombreux gîtes qui quadrillent la ville, petits appartements achetés par des petits propriétaires misant sur une rentabilité record.

C’est du jamais-vu. Au mois de mars, les quelque 2 000 chambres de la ville connaissent généralement un taux d’occupation oscillant entre 50 % et 80 %. Et depuis plusieurs années, le mois d’avril est excellent : l’hôtel Turenne, le trois étoiles de 93 chambres où nous reçoit Olivier Glé, a accueilli 4 500 personnes en avril 2019, contre 5 500 en décembre, le meilleur mois de l’année. Des touristes, bien sûr, mais aussi une clientèle d’affaires, en lien avec les nombreuses entreprises internationales implantées dans la région.

« Mais cette année, nous avons réalisé zéro chiffre d’affaires depuis le 17 mars, souligne l’hôtelier. Et nous estimons qu’en 2020 nos neuf hôtels perdront 60 % à 70 % de chiffre d’affaires par rapport à 2019. » Ces chiffres sont cohérents avec ceux du gouvernement. Pour les dix départements de la région Grand-Est, le chiffre d’affaires de l’industrie touristique est attendu en baisse de 80 % jusqu’à l’été. Et les deux départements alsaciens concentrent la moitié de cette activité…

À Colmar, l’hôtel Turenne devrait rouvrir le 15 juin. Le gestionnaire a attendu que les réservations enregistrées permettent de couvrir les charges de personnel, que les restaurants rouvrent, et qu’on puisse à nouveau franchir les frontières allemande et suisse, ce qui devrait être le cas à partir de la mi-juin.

Une boutique de souvenirs. © D.I.Une boutique de souvenirs. © D.I.

Un peu partout, les hôtels et les restaurants rallument leurs enseignes. Le premier soir de leur déconfinement, mardi 2 juin, les bars ont fait le plein, pour une longue soirée à la météo parfaite. Une dizaine de restaurants avaient rouvert pour l’occasion, suivis par de nombreux autres ce week-end.

Le signe que l’activité reprend ? Olivier Kritter, responsable du service accueil à l’office de tourisme de la ville, l’espère. « Même après la réouverture des magasins le 11 mai, Colmar est restée très calme, très peu fréquentée, constate-t-il. Une ville sans ses restaurants, ses terrasses et ses bars, c’est une ville qui ne vit pas. Depuis mardi, Colmar se réveille doucement. »

Mais, est bien obligé de constater Olivier Kritter, « il n’y a pas encore de touristes ». Et les indices qu’il collecte ne sont pour l’heure pas très encourageants. « À l’office de tourisme, nous ne sommes débordés ni par les mails, ni par le téléphone, il n’y a pas beaucoup de demandes, indique-t-il. Après les attentats de novembre 2015 à Paris, et même l’attentat au marché de Noël de Strasbourg en décembre 2018 [qui a fait 5 morts – ndlr], nous n’avions pas senti de baisse. Cette fois, c’est différent. »

La situation est inédite pour ce professionnel habitué à gérer un flot ininterrompu de touristes de début avril à la mi-octobre. « C’est désarmant, on attend, souffle-t-il. On part vraiment dans l’inconnu. » Près de l’emblématique place des Dominicains, les revendeurs de tickets pour le petit train touristique qui sillonne la ville plusieurs fois par jour n’attirent personne. Ils en sont réduits à héler les habitants, en leur jurant que « le petit train, c’est pour tout le monde, pas seulement les touristes ! ».

Sur la route des vins, près d’Ammerschwihr. © D.I.Sur la route des vins, près d’Ammerschwihr. © D.I.

« C’est une grande première, espérons que ce soit une grande dernière », lance Christophe Crupi, le responsable du parc des expositions. Habituée à réunir 650 000 visiteurs par an sur ses foires et salon, son entreprise évalue déjà ses pertes à 70 % ou 80 % par rapport à 2019. Le plus gros trou est creusé par l’annulation de la Foire aux vins, qui devait se tenir du 24 juillet au 2 août.

Salon très grand public du secteur de la gastronomie, doublé d’un festival de musiques actuelles, la Foire a rassemblé pas moins de 316 000 visiteurs l’an dernier. Et les conséquences de son annulation se feront sentir longtemps.

« L’an dernier, nous avons calculé les retombées économiques de l’événement à 40 millions d’euros pour le territoire, détaille le directeur. Et nous estimons que 4 000 à 5 000 personnes travaillent sur le salon, entre les 350 exposants, les concerts, et tous les prestataires : montage et démontage des stands, son et lumière, production des spectacles, nettoyage. Ce sont souvent des petites entreprises qui, espérons-le, seront encore là à la rentrée. »

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