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« CECI N’EST PAS UN CONSTRUCTEUR AUTOMOBILE », Une Tesla Model X
02/07/2020 à 09h20 par La redaction

Pertes & profits. Le nombre de bougies est limité, mais le gâteau est immense. Pour ses 10 ans de cotation en Bourse, Tesla s’est offert un beau cadeau : le titre de constructeur automobile le plus cher du monde. Avec 207 milliards de dollars (184 milliards d’euros) de capitalisation boursière, l’entreprise californienne double en plein virage le champion en titre, Toyota, dont le compteur indique un « petit » 200 milliards. Le fabricant, développé par le fantasque Elon Musk, produit pourtant vingt fois moins de voitures que le géant nippon. Pis, ce dernier est considéré comme le plus profitable et le mieux géré de la profession, tandis que la firme américaine est sortie du rouge il y a moins d’un an, avec un maigre bénéfice.

 

Deux cent sept milliards… Même Elon Musk n’y croyait pas. En mai, tandis que l’action franchissait le seuil des 700 dollars, il affirmait qu’elle était trop chère. Elle dépasse maintenant les 1 100 dollars. Depuis le début de l’année, la valeur de l’entreprise a été multipliée par trois, et par cinq en un an. Comme si l’industriel ne connaissait pas la pandémie de Covid-19, alors que le cours de ses concurrents les plus prestigieux, comme General Motors, Ford ou Toyota, plongeait au fur et à mesure de la paralysie de leurs usines.

Comment expliquer cette anomalie d’un constructeur dont la production reste confidentielle et les bénéfices microscopiques, et qui terrasse les plus grands industriels de la planète. Bien sûr, on pourra relever que, si les ventes de voitures à essence se sont effondrées avec le confinement, celles des électriques continuent de grimper, portées par la vague verte et les normes antipollution qui l’accompagnent.

L’agent perturbateur

Il faut surtout se résoudre à la seule explication possible : Tesla n’est pas un constructeur automobile. C’est une entreprise de technologie, et ses compagnons de route ne s’appellent pas PSA ou Volkswagen, mais Apple, Google ou Amazon. Dans ce cas, l’envolée du cours de Bourse, à défaut d’être plus logique, est plus comparable avec ces champions du numérique, qui ont tous vu leurs cours s’envoler depuis le début de l’année. A tel point que l’indice Nasdaq, qui les rassemble, est désormais au plus haut de son histoire.

 

Les investisseurs pressentent que Tesla va jouer dans l’automobile le même rôle qu’Amazon dans la distribution : l’agent perturbateur qui utilise sa force dans le logiciel pour réinventer un métier. L’un des administrateurs de Volkswagen le reconnaissait récemment, en affirmant que Tesla avait dix ans d’avance sur eux. Les marchés ne se fient désormais plus qu’à deux boussoles, celle de la révolution numérique, accélérée par la crise sanitaire, et celle des banques centrales, qui noient l’économie sous les dollars ou les euros pour atténuer l’incidence de la catastrophe économique. Alors, la Bourse pratique son exercice préféré : la danse au-dessus du volcan.

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Pertes & profits. Le nombre de bougies est limité, mais le gâteau est immense. Pour ses 10 ans de cotation en Bourse, Tesla s’est offert un beau cadeau : le titre de constructeur automobile le plus cher du monde. Avec 207 milliards de dollars (184 milliards d’euros) de capitalisation boursière, l’entreprise californienne double en plein virage le champion en titre, Toyota, dont le compteur indique un « petit » 200 milliards. Le fabricant, développé par le fantasque Elon Musk, produit pourtant vingt fois moins de voitures que le géant nippon. Pis, ce dernier est considéré comme le plus profitable et le mieux géré de la profession, tandis que la firme américaine est sortie du rouge il y a moins d’un an, avec un maigre bénéfice.

 

Deux cent sept milliards… Même Elon Musk n’y croyait pas. En mai, tandis que l’action franchissait le seuil des 700 dollars, il affirmait qu’elle était trop chère. Elle dépasse maintenant les 1 100 dollars. Depuis le début de l’année, la valeur de l’entreprise a été multipliée par trois, et par cinq en un an. Comme si l’industriel ne connaissait pas la pandémie de Covid-19, alors que le cours de ses concurrents les plus prestigieux, comme General Motors, Ford ou Toyota, plongeait au fur et à mesure de la paralysie de leurs usines.

Comment expliquer cette anomalie d’un constructeur dont la production reste confidentielle et les bénéfices microscopiques, et qui terrasse les plus grands industriels de la planète. Bien sûr, on pourra relever que, si les ventes de voitures à essence se sont effondrées avec le confinement, celles des électriques continuent de grimper, portées par la vague verte et les normes antipollution qui l’accompagnent.

L’agent perturbateur

Il faut surtout se résoudre à la seule explication possible : Tesla n’est pas un constructeur automobile. C’est une entreprise de technologie, et ses compagnons de route ne s’appellent pas PSA ou Volkswagen, mais Apple, Google ou Amazon. Dans ce cas, l’envolée du cours de Bourse, à défaut d’être plus logique, est plus comparable avec ces champions du numérique, qui ont tous vu leurs cours s’envoler depuis le début de l’année. A tel point que l’indice Nasdaq, qui les rassemble, est désormais au plus haut de son histoire.

 

Les investisseurs pressentent que Tesla va jouer dans l’automobile le même rôle qu’Amazon dans la distribution : l’agent perturbateur qui utilise sa force dans le logiciel pour réinventer un métier. L’un des administrateurs de Volkswagen le reconnaissait récemment, en affirmant que Tesla avait dix ans d’avance sur eux. Les marchés ne se fient désormais plus qu’à deux boussoles, celle de la révolution numérique, accélérée par la crise sanitaire, et celle des banques centrales, qui noient l’économie sous les dollars ou les euros pour atténuer l’incidence de la catastrophe économique. Alors, la Bourse pratique son exercice préféré : la danse au-dessus du volcan.

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