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Cameroun: l’opposition parle d’un “pseudo” statut spécial accordé aux régions anglophones
22/12/2019 à 20h20 par La redaction

Les députés camerounais ont adopté un projet de loi qui accorde un statut spécial aux deux régions anglophones du pays. Cependant, cette loi actant l’autonomisation des deux régions anglophones, ne semble rien réglé à l’orée des législatives.

Les régions anglophones seront désormais autorisées à élaborer des politiques publiques dans les domaines de l’éducation et de la justice, si la loi est approuvée par le Sénat et promulguée.

Pour Sam Mbaka le vice président de l’union démocratique du Cameroun, il s’agit simplement d’un statut spécial en apparence, qui en réalité, n’en est pas un. D’autres opposants s’accordent à dire que si le statut spécial n’est accordé que dans les domaines de la justice et de l’éducation qu’en sera-t-il des autres secteurs notamment l’économie, la santé etc?

Pour d’autres opposants encore, même si le poste du délégué du gouvernement ne va plus exister, il reste que le pouvoir des administrateurs civils(gouverneur, prefet, sous-prefet) a été renforcé par rapport à celui des élus locaux. Ce qui est un réel échec de la décentralisation. le débat sur l’autochtonie n’est pas en reste.

A côté de cela, on note aussi qu’aucun amendement n’a été pris en compte pendant l’étude de ce projet de loi. Ce qui est un véritable recule de la démocratie, selon plusieurs opposants.

En accordant un statut spécial aux régions anglophones, c’est déjà une étape importante dans la résolution de la crise anglophone qui a déjà fait plus de 3000 morts. Mais beaucoup d’autres efforts restent à faire pour un retour à la paix, pense le cardinal Tumi.

Pour rappel, c’est en novembre 2016 que la crise anglophone avait commencé avec essentiellement des revendications d’enseignants ou de juristes. Ces derniers réclamaient plus de représentativité pour les anglophones. Ils demandaient pour la plupart un retour au fédéralisme, mais une minorité exigeait l’indépendance et la proclamation d’un nouvel État, l’Ambazonie.

Toutefois, l’intransigeance de Yaoundé et la répression des manifestations pacifiques ont conduit au durcissement du conflit. Fin 2017, les séparatistes ont pris les armes. Depuis lors, les combats font rage entre l’armée et ces groupes armés, prenant en tenaille la population.

Après plus de deux ans de conflit, Yaoundé s’était décidé fin septembre, sous la pression internationale, à organiser ce dialogue pour résoudre la crise. Quelques séparatistes ont déposés les armes mais d’autres insatisfaits de la proposition de la décentralisation se disent déterminés à poursuivre les combats.

Les élections législatives et municipales prévues le 09 février 2020 ne s’annoncent pas crédibles et transparentes aux yeux des deux principaux partis d’opposition qui ont évoqué leur intention de les boycotter du fait des combats dans ces deux régions.

Crédit photo: France 24

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Les députés camerounais ont adopté un projet de loi qui accorde un statut spécial aux deux régions anglophones du pays. Cependant, cette loi actant l’autonomisation des deux régions anglophones, ne semble rien réglé à l’orée des législatives.

Les régions anglophones seront désormais autorisées à élaborer des politiques publiques dans les domaines de l’éducation et de la justice, si la loi est approuvée par le Sénat et promulguée.

Pour Sam Mbaka le vice président de l’union démocratique du Cameroun, il s’agit simplement d’un statut spécial en apparence, qui en réalité, n’en est pas un. D’autres opposants s’accordent à dire que si le statut spécial n’est accordé que dans les domaines de la justice et de l’éducation qu’en sera-t-il des autres secteurs notamment l’économie, la santé etc?

Pour d’autres opposants encore, même si le poste du délégué du gouvernement ne va plus exister, il reste que le pouvoir des administrateurs civils(gouverneur, prefet, sous-prefet) a été renforcé par rapport à celui des élus locaux. Ce qui est un réel échec de la décentralisation. le débat sur l’autochtonie n’est pas en reste.

A côté de cela, on note aussi qu’aucun amendement n’a été pris en compte pendant l’étude de ce projet de loi. Ce qui est un véritable recule de la démocratie, selon plusieurs opposants.

En accordant un statut spécial aux régions anglophones, c’est déjà une étape importante dans la résolution de la crise anglophone qui a déjà fait plus de 3000 morts. Mais beaucoup d’autres efforts restent à faire pour un retour à la paix, pense le cardinal Tumi.

Pour rappel, c’est en novembre 2016 que la crise anglophone avait commencé avec essentiellement des revendications d’enseignants ou de juristes. Ces derniers réclamaient plus de représentativité pour les anglophones. Ils demandaient pour la plupart un retour au fédéralisme, mais une minorité exigeait l’indépendance et la proclamation d’un nouvel État, l’Ambazonie.

Toutefois, l’intransigeance de Yaoundé et la répression des manifestations pacifiques ont conduit au durcissement du conflit. Fin 2017, les séparatistes ont pris les armes. Depuis lors, les combats font rage entre l’armée et ces groupes armés, prenant en tenaille la population.

Après plus de deux ans de conflit, Yaoundé s’était décidé fin septembre, sous la pression internationale, à organiser ce dialogue pour résoudre la crise. Quelques séparatistes ont déposés les armes mais d’autres insatisfaits de la proposition de la décentralisation se disent déterminés à poursuivre les combats.

Les élections législatives et municipales prévues le 09 février 2020 ne s’annoncent pas crédibles et transparentes aux yeux des deux principaux partis d’opposition qui ont évoqué leur intention de les boycotter du fait des combats dans ces deux régions.

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