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Bénin : des élections masquées à l’issue d’une campagne compliquée
15/05/2020 à 10h53 par La redaction

Les élections municipales et communales de ce dimanche, au Bénin, se dérouleront dans un contexte sanitaire complexe. De leur issue dépend le rééquilibrage d’une situation politique qui ne l’est pas moins.

Dimanche 17 mai, les 5,4 millions d’électeurs béninois qui sont appelés aux urnes devront, outre les bulletins de vote, se saisir d’un masque de protection avant d’entrer dans l’isoloir. Les camions, qui transportent depuis le 13 mai le matériel électoral jusque dans les 14 950 bureaux de vote du pays, sont également chargés de stocks de gel hydroalcoolique.

Le Bénin vivra des élections municipales et communales masquées, au terme d’une campagne marquée par de nombreux appels au boycott, mais qui doit, pourtant, permettre au pays de retrouver une vie politique apaisée, un an après les législatives contestées d’avril 2019.

Si, il y a un an, seuls l’Union progressiste (UP) et le Bloc républicain (BR), deux partis se réclamant de la mouvance présidentielle, avaient pu participer au scrutin, cette fois, cinq formations sont en lice. Une seule, cependant, se réclame de l’opposition : les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE). L’Union démocratique pour un Bénin nouveau (UDBN) et le Parti du renouveau démocratique (PRD) revendiquent quant à eux leur appartenance à la mouvance présidentielle.

Drôle de campagne

Cette offre politique permettra-t-elle de dépasser le taux de participation historiquement bas observé lors des dernières législatives, lors desquelles seuls 27 % des électeurs s’étaient déplacés ?

Au cours des deux semaines qu’aura duré la drôle de campagne qui se clôt ce vendredi à minuit, c’est l’oreille collée au poste de radio ou le regard vissé à un écran de téléphone ou de télévision que la grande majorité des Béninois aura fait connaissance avec les candidats et leurs programmes.

Ni meeting ni caravane n’étaient autorisés, même si certains ont pris des libertés avec cette interdiction. Au point que le préfet des départements du Zou et des Collines, Firmin Kouton, s’est fendu d’une sévère mise en garde à l’adresse des leaders politiques, le 8 mai.

« Nous sommes d’abord intervenus pour expliquer aux candidats les règles. Et lorsqu’elles n’ont pas été respectées, nous avons procédé à des interpellations », explique Sacca Lafia, le ministre de l’Intérieur, qui assure cependant « qu’il n’y a pas eu beaucoup de meetings ». « Nous avons été plus sévères à l’intérieur du cordon sanitaire, certes, mais même dans le Nord, les gens n’ont quasiment pas organisé de rassemblements, poursuit-il. De manière générale, les partis ont respecté les consignes. »

Quant aux craintes d’une résurgence des violences pré- et postélectorales, à l’image de celles qui ont endeuillé Cotonou en mai dernier et les villes de Savé et Tchaourou, bastion de Thomas Boni Yayi, quelques semaines plus tard, le ministre estime que la page est tournée. « L’heure est à l’apaisement, le contexte n’est pas le même. Nous n’avons pas particulièrement renforcé le dispositif sécuritaire dans ces zones », assure-t-il.

Un boycott qui divise

De fait, si l’ancien président Thomas Boni Yayi a provoqué un séisme au sein des FCBE lorsqu’il en a claqué la porte, le 5 avril, l’accusant d’être inféodé au pouvoir, l’onde de choc n’a pas empêché la frange favorable à une participation aux élections de présenter des listes dans l’ensemble des 77 communes. « Même la section FCBE de Tchaourou, qui avait démissionné en même temps que le président, a finalement demandé à être réintégrée quelques semaines plus tard, pour participer aux élections », souligne Théophile Yarou, secrétaire exécutif national adjoint du parti.

« Nous étions déjà absents des législatives, on ne pouvait pas se permettre de ne pas participer à ce scrutin. Cet épisode a été utilisé par nos adversaires, c’est vrai. Mais les gens ont compris que, s’ils ne veulent pas voter pour un candidat unique en 2021, alors ils doivent apporter leur voix à l’opposition. Et les FCBE sont la seule formation d’opposition en lice », martèle-t-il.

L’ancien président du Bénin Thomas Boni Yayi, en 2012.

Car si le scrutin de dimanche est éminemment local, il porte en germe les prochaines échéances nationales : les candidats à la présidentielle de 2021 devront en effet obtenir le parrainage d’au moins 10 % des députés ou de 10 % des maires pour pouvoir se lancer dans la course. Si la question se pose peu pour les deux partis qui se partagent les sièges à l’Assemblée, elle est cruciale pour ceux qui n’en comptent aucun.

Un argument qui ne porte pas, au sein de la frange « dure » des FCBE, qui continue de vilipender leurs anciens alliés qui font le choix de participer au scrutin. « Ce n’est pas l’opposition, c’est la tendance fidèle à Patrice Talon qui va aux élections », tacle l’ancien député Nourenou Atchadé, qui considère que « le maintien de ce scrutin, sans opposition et en pleine pandémie, est le fait d’un pouvoir pour lequel les vies humaines ne comptent pas ».

Bouleversements sanitaires

Si le président Patrice Talon a, très tôt, écarté tout recours à un confinement généralisé, considérant que la majorité de ses concitoyens n’ont « pas les moyens » de le supporter sur la durée, des règles strictes ont été instaurées pour freiner la propagation de la pandémie. Ce qui a, mécaniquement, bouleversé profondément la campagne.

Pour l’organisation pratique du scrutin, d’abord. « Lorsque l’instauration du cordon sanitaire a été décrétée, nous avons dû en urgence suspendre la formation des agents électoraux. Il a ensuite fallu se réorganiser, pour être sûrs qu’ils seraient prêts à être déployés, et doubler les sessions de formation pour éviter les concentrations de personnes dans des locaux exigus », explique Geneviève Boko Nadjo, la vice-présidente de la Commission électorale nationale indépendante (Cena).

POUR LA VICE-PRÉSIDENTE DE LA COMMISSION ÉLECTORALE, LE MAINTIEN DU SCRUTIN ÉTAIT « NÉCESSAIRE »

Si elle s’attend à « un dépassement budgétaire », elle n’en juge pas moins que le maintien de la date du scrutin était « nécessaire ». « Le processus était déjà largement entamé et se trouvait à une étape avancée. Tous les moyens ont été mis en œuvre pour que tout se passe pour le mieux », assure-t-elle, vantant par avance « la discipline des Béninois ».

Habitudes bouleversées, aussi, pour les candidats, privés de podiums. « C’est une évidence que tout l’aspect festif qui accompagne habituellement une campagne n’a pas du tout été présent cette fois », regrette Luc Atrokpo, candidat de l’UP (majoritaire à l’Assemblée) dans le 13e arrondissement de Cotonou. « Nous avons fait du porte-à-porte, mais nous avons surtout joué la carte d’une campagne essentiellement digitale et médiatique pour mettre en avant nos propositions », explique-t-il.

Sorties médiatiques et tour des chefferies

Il faut dire qu’il joue gros. Maire de Bohicon depuis 2008, une ville située à 130 kilomètres au nord de Cotonou, Luc Atrokpo a été désigné pour prendre la tête de la liste UP dans la capitale économique du pays, une ville que le parti ne s’imagine pas perdre, malgré l’ancrage électoral du PRD dans certains de ses arrondissements et la percée toujours possible du BR ou des FCBE.

Il a pourtant dû attendre le 22 avril pour que sa candidature soit finalement validée par la Cour suprême, qui avait été saisie par un jeune militant de l’opposition. Surmonté ce premier écueil, cet ancien proche de l’ancien président Nicéphore Soglo qui passe pour avoir le soutien de Patrice Talon doit également faire face aux ambitions d’autres membres de son parti.

PANDÉMIE OU PAS, À COTONOU, LES AMBITIONS ET CALCULS POLITIQUES TIENNENT LE HAUT DU PAVÉ

Celles de Gatien Sedami Adjagboni, candidat dans le 11e arrondissement, d’abord, qui multiplie les sorties médiatiques en présentant son « plan pour Cotonou ». Celles du maire sortant, Isidore Gnonlonfoun, également. Élu sur la liste des FCBE, ce dernier était devenu maire par intérim en 2017, après la révocation de l’ancien maire de la ville, Léhady Soglo… Pandémie ou pas, à Cotonou, les ambitions et calculs politiques tiennent le haut du pavé.

À l’autre bout du pays, dans le département de l’Atakora, Mamoudou Kpakatia Soulemane, suppléant d’Abdoulaye Gounou, président du groupe BR à l’Assemblée et tête de liste à Kouandé, a opté pour une autre technique. « Ici, les gens n’ont pas ou peu accès à internet ou aux médias. Parfois, même les radios communautaires ne retransmettent pas », explique le trentenaire qui, pour faire campagne malgré l’interdiction des meetings, a choisi de « convaincre les leaders d’opinions ».

Mais ici, les influenceurs ne posent pas sur Instagram. « Nous faisons le tour des chefferies, nous rencontrons les têtes couronnées des différents royaumes, pour les convaincre de passer le message qu’il faut voter pour le Bloc républicain. Je me charge de Kouandé, Abdoulaye Gounou de Natitingou », raconte-t-il, se présentant comme « un homme politique moderne, mais aussi un enfant du pays, qui vient chercher l’aval de la tradition ».

Dimanche soir, si les candidats observeront à la loupe les résultats dans leurs fiefs respectifs, tous auront aussi un œil sur les résultats nationaux. Selon les nouvelles règles électorales, seules les listes ayant recueilli au moins 10 % des suffrages valablement exprimés au plan national sont éligibles à la répartition des sièges au sein des conseils communaux. Quitte à devoir céder la place dans le cas contraire. Une disposition qui vise à favoriser l’emprise nationale des partis et à briser les réflexes de vote régionalistes, voire ethniques, mais qui pourrait aussi engendrer contestations et frustrations locales.

Crédit: Jeune Afrique

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Les élections municipales et communales de ce dimanche, au Bénin, se dérouleront dans un contexte sanitaire complexe. De leur issue dépend le rééquilibrage d’une situation politique qui ne l’est pas moins.

Dimanche 17 mai, les 5,4 millions d’électeurs béninois qui sont appelés aux urnes devront, outre les bulletins de vote, se saisir d’un masque de protection avant d’entrer dans l’isoloir. Les camions, qui transportent depuis le 13 mai le matériel électoral jusque dans les 14 950 bureaux de vote du pays, sont également chargés de stocks de gel hydroalcoolique.

Le Bénin vivra des élections municipales et communales masquées, au terme d’une campagne marquée par de nombreux appels au boycott, mais qui doit, pourtant, permettre au pays de retrouver une vie politique apaisée, un an après les législatives contestées d’avril 2019.

Si, il y a un an, seuls l’Union progressiste (UP) et le Bloc républicain (BR), deux partis se réclamant de la mouvance présidentielle, avaient pu participer au scrutin, cette fois, cinq formations sont en lice. Une seule, cependant, se réclame de l’opposition : les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE). L’Union démocratique pour un Bénin nouveau (UDBN) et le Parti du renouveau démocratique (PRD) revendiquent quant à eux leur appartenance à la mouvance présidentielle.

Drôle de campagne

Cette offre politique permettra-t-elle de dépasser le taux de participation historiquement bas observé lors des dernières législatives, lors desquelles seuls 27 % des électeurs s’étaient déplacés ?

Au cours des deux semaines qu’aura duré la drôle de campagne qui se clôt ce vendredi à minuit, c’est l’oreille collée au poste de radio ou le regard vissé à un écran de téléphone ou de télévision que la grande majorité des Béninois aura fait connaissance avec les candidats et leurs programmes.

Ni meeting ni caravane n’étaient autorisés, même si certains ont pris des libertés avec cette interdiction. Au point que le préfet des départements du Zou et des Collines, Firmin Kouton, s’est fendu d’une sévère mise en garde à l’adresse des leaders politiques, le 8 mai.

« Nous sommes d’abord intervenus pour expliquer aux candidats les règles. Et lorsqu’elles n’ont pas été respectées, nous avons procédé à des interpellations », explique Sacca Lafia, le ministre de l’Intérieur, qui assure cependant « qu’il n’y a pas eu beaucoup de meetings ». « Nous avons été plus sévères à l’intérieur du cordon sanitaire, certes, mais même dans le Nord, les gens n’ont quasiment pas organisé de rassemblements, poursuit-il. De manière générale, les partis ont respecté les consignes. »

Quant aux craintes d’une résurgence des violences pré- et postélectorales, à l’image de celles qui ont endeuillé Cotonou en mai dernier et les villes de Savé et Tchaourou, bastion de Thomas Boni Yayi, quelques semaines plus tard, le ministre estime que la page est tournée. « L’heure est à l’apaisement, le contexte n’est pas le même. Nous n’avons pas particulièrement renforcé le dispositif sécuritaire dans ces zones », assure-t-il.

Un boycott qui divise

De fait, si l’ancien président Thomas Boni Yayi a provoqué un séisme au sein des FCBE lorsqu’il en a claqué la porte, le 5 avril, l’accusant d’être inféodé au pouvoir, l’onde de choc n’a pas empêché la frange favorable à une participation aux élections de présenter des listes dans l’ensemble des 77 communes. « Même la section FCBE de Tchaourou, qui avait démissionné en même temps que le président, a finalement demandé à être réintégrée quelques semaines plus tard, pour participer aux élections », souligne Théophile Yarou, secrétaire exécutif national adjoint du parti.

« Nous étions déjà absents des législatives, on ne pouvait pas se permettre de ne pas participer à ce scrutin. Cet épisode a été utilisé par nos adversaires, c’est vrai. Mais les gens ont compris que, s’ils ne veulent pas voter pour un candidat unique en 2021, alors ils doivent apporter leur voix à l’opposition. Et les FCBE sont la seule formation d’opposition en lice », martèle-t-il.

L’ancien président du Bénin Thomas Boni Yayi, en 2012.

Car si le scrutin de dimanche est éminemment local, il porte en germe les prochaines échéances nationales : les candidats à la présidentielle de 2021 devront en effet obtenir le parrainage d’au moins 10 % des députés ou de 10 % des maires pour pouvoir se lancer dans la course. Si la question se pose peu pour les deux partis qui se partagent les sièges à l’Assemblée, elle est cruciale pour ceux qui n’en comptent aucun.

Un argument qui ne porte pas, au sein de la frange « dure » des FCBE, qui continue de vilipender leurs anciens alliés qui font le choix de participer au scrutin. « Ce n’est pas l’opposition, c’est la tendance fidèle à Patrice Talon qui va aux élections », tacle l’ancien député Nourenou Atchadé, qui considère que « le maintien de ce scrutin, sans opposition et en pleine pandémie, est le fait d’un pouvoir pour lequel les vies humaines ne comptent pas ».

Bouleversements sanitaires

Si le président Patrice Talon a, très tôt, écarté tout recours à un confinement généralisé, considérant que la majorité de ses concitoyens n’ont « pas les moyens » de le supporter sur la durée, des règles strictes ont été instaurées pour freiner la propagation de la pandémie. Ce qui a, mécaniquement, bouleversé profondément la campagne.

Pour l’organisation pratique du scrutin, d’abord. « Lorsque l’instauration du cordon sanitaire a été décrétée, nous avons dû en urgence suspendre la formation des agents électoraux. Il a ensuite fallu se réorganiser, pour être sûrs qu’ils seraient prêts à être déployés, et doubler les sessions de formation pour éviter les concentrations de personnes dans des locaux exigus », explique Geneviève Boko Nadjo, la vice-présidente de la Commission électorale nationale indépendante (Cena).

POUR LA VICE-PRÉSIDENTE DE LA COMMISSION ÉLECTORALE, LE MAINTIEN DU SCRUTIN ÉTAIT « NÉCESSAIRE »

Si elle s’attend à « un dépassement budgétaire », elle n’en juge pas moins que le maintien de la date du scrutin était « nécessaire ». « Le processus était déjà largement entamé et se trouvait à une étape avancée. Tous les moyens ont été mis en œuvre pour que tout se passe pour le mieux », assure-t-elle, vantant par avance « la discipline des Béninois ».

Habitudes bouleversées, aussi, pour les candidats, privés de podiums. « C’est une évidence que tout l’aspect festif qui accompagne habituellement une campagne n’a pas du tout été présent cette fois », regrette Luc Atrokpo, candidat de l’UP (majoritaire à l’Assemblée) dans le 13e arrondissement de Cotonou. « Nous avons fait du porte-à-porte, mais nous avons surtout joué la carte d’une campagne essentiellement digitale et médiatique pour mettre en avant nos propositions », explique-t-il.

Sorties médiatiques et tour des chefferies

Il faut dire qu’il joue gros. Maire de Bohicon depuis 2008, une ville située à 130 kilomètres au nord de Cotonou, Luc Atrokpo a été désigné pour prendre la tête de la liste UP dans la capitale économique du pays, une ville que le parti ne s’imagine pas perdre, malgré l’ancrage électoral du PRD dans certains de ses arrondissements et la percée toujours possible du BR ou des FCBE.

Il a pourtant dû attendre le 22 avril pour que sa candidature soit finalement validée par la Cour suprême, qui avait été saisie par un jeune militant de l’opposition. Surmonté ce premier écueil, cet ancien proche de l’ancien président Nicéphore Soglo qui passe pour avoir le soutien de Patrice Talon doit également faire face aux ambitions d’autres membres de son parti.

PANDÉMIE OU PAS, À COTONOU, LES AMBITIONS ET CALCULS POLITIQUES TIENNENT LE HAUT DU PAVÉ

Celles de Gatien Sedami Adjagboni, candidat dans le 11e arrondissement, d’abord, qui multiplie les sorties médiatiques en présentant son « plan pour Cotonou ». Celles du maire sortant, Isidore Gnonlonfoun, également. Élu sur la liste des FCBE, ce dernier était devenu maire par intérim en 2017, après la révocation de l’ancien maire de la ville, Léhady Soglo… Pandémie ou pas, à Cotonou, les ambitions et calculs politiques tiennent le haut du pavé.

À l’autre bout du pays, dans le département de l’Atakora, Mamoudou Kpakatia Soulemane, suppléant d’Abdoulaye Gounou, président du groupe BR à l’Assemblée et tête de liste à Kouandé, a opté pour une autre technique. « Ici, les gens n’ont pas ou peu accès à internet ou aux médias. Parfois, même les radios communautaires ne retransmettent pas », explique le trentenaire qui, pour faire campagne malgré l’interdiction des meetings, a choisi de « convaincre les leaders d’opinions ».

Mais ici, les influenceurs ne posent pas sur Instagram. « Nous faisons le tour des chefferies, nous rencontrons les têtes couronnées des différents royaumes, pour les convaincre de passer le message qu’il faut voter pour le Bloc républicain. Je me charge de Kouandé, Abdoulaye Gounou de Natitingou », raconte-t-il, se présentant comme « un homme politique moderne, mais aussi un enfant du pays, qui vient chercher l’aval de la tradition ».

Dimanche soir, si les candidats observeront à la loupe les résultats dans leurs fiefs respectifs, tous auront aussi un œil sur les résultats nationaux. Selon les nouvelles règles électorales, seules les listes ayant recueilli au moins 10 % des suffrages valablement exprimés au plan national sont éligibles à la répartition des sièges au sein des conseils communaux. Quitte à devoir céder la place dans le cas contraire. Une disposition qui vise à favoriser l’emprise nationale des partis et à briser les réflexes de vote régionalistes, voire ethniques, mais qui pourrait aussi engendrer contestations et frustrations locales.

Crédit: Jeune Afrique

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