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Attentats au Mali : le djihadiste accusé a-t-il été libéré en échange de Sophie Pétronin ?
25/10/2020 à 09h18 par La redaction

La présence dans le box des accusés du djihadiste mauritanien, qui doit être jugé mardi au Mali pour des attentats islamistes, dont celui qui a causé la mort de Fabien Guyomard en mars 2015 à Bamako, est incertaine

La plus grande incertitude règne sur la tenue de ce procès pourtant si crucial. Nul n'est en mesure de dire avec certitude si Fawaz Ould Ahmed, un haut cadre du groupe terroriste Al-Mourabitoune, affilié à Al-Qaida, se présentera ce mardi 27 octobre devant la cour d'assises de Bamako (Mali), où il comparaît pour sa responsabilité présumée dans la vague d'attaques qui a endeuillé le Mali en 2015. Ce Mauritanien de 42 ans est notamment accusé d'avoir perpétré, dans la nuit du 6 au 7 mars 2015, l'attaque contre le bar-restaurant la Terrasse, un lieu prisé des expatriés de la capitale malienne, qui a coûté la vie à un ressortissant français.

Arrêté en 2016, l'accusé avait revendiqué son geste. L'attentat a fait 5 morts : trois Maliens, un militaire belge et un jeune Français de 30 ans, Fabien Guyomard. Pour la famille de ce dernier, soutenue par la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac), c'est une étape décisive. L'audience doit être retransmise par vidéo dans une salle du tribunal judiciaire de Paris pour leur permettre d'y assister mais sans pouvoir intervenir dans les débats.

Echangé en secret contre Sophie Pétronin ?

Or, selon plusieurs organes de presse, Fawaz Ould Ahmed pourrait faire partie des quelque 200 djihadistes remis en liberté au début du mois en échange de la libération, le 8 octobre, d'un leader de l'opposition malienne, Soumaïla Cissé, et de l'otage française Sophie Pétronin. Mais cette information, très sensible, s'avère impossible à vérifier. « Nous aurions plutôt des informations contraires à sa libération mais qui restent à vérifier », indique une source proche du dossier.

Le journal Libération, qui a eu accès à la liste des détenus libérés, indique qu'il n'en fait pas partie mais que son cas fait toujours l'objet de spéculations. Sollicité, le ministère de la Justice indique qu'il « ne dispose pas d'informations sur la situation de Fawaz Ould Ahmed » et invite à se rapprocher du ministère des Affaires étrangères. Lequel Quai d'Orsay… ne répond pas à la question. « La négociation a été conduite par le seul Mali. La décision de libérer des djihadistes est une décision qui appartient aux seules autorités maliennes, qui ont jugé que cela était indispensable pour obtenir la libération de Soumaïla Cissé », indique une source diplomatique, qui précise que l'engagement de la France contre les mouvements terroristes reste entier. Quid de Fawaz Ould Ahmed? Rien.

Dans la foulée de l'attentat contre «Charlie Hebdo»

La capture du suspect en 2016 par les services de renseignement maliens demeure pourtant un indéniable succès. Très bavard pendant l'instruction, Fawaz Ould Ahmed, alias Ibrahim 10, a raconté en détail les coulisses de l'attaque de la Terrasse. Il a reconnu avoir été missionné, avec un complice, par la direction du groupe Al-Mourabitoune. Il s'agissait alors, dans la foulée de la fusillade de « Charlie Hebdo », de s'en prendre à des cibles occidentales. Les deux assaillants ont reçu une importante somme d'argent pour perpétrer leur acte. Grâce à cette manne, le binôme a pu acquérir des armes de guerre, louer plusieurs logements conspiratifs et effectuer des repérages.

Le soir des faits, tandis que son complice est chargé de faire le guet dans une ruelle, Fawaz ould Ahmed pénètre dans le bar et s'isole dans les toilettes. Là, il enfile une cagoule noire et sort de son sac une kalachnikov, une arme de poing et des grenades. Le carnage peut débuter. Outre les cinq victimes, plusieurs clients sont blessés, dont des ressortissants suisses.

Fabien Guyomard, la victime française de l’attaque du 6 mars 2015./DR
Fabien Guyomard, la victime française de l’attaque du 6 mars 2015./DR 

Moins d'une semaine plus tard, son complice est tué lors de son interpellation. Le Mauritanien, lui, prend la fuite avant d'être arrêté en avril 2016. D'emblée, il reconnaît les faits. Et s'en vante. « Je ne regrette absolument pas mes actes. Je l'ai fait pour Dieu et je ne compte pas demander pardon à quelqu'un », revendique-t-il lors d'un interrogatoire, exprimant uniquement des remords pour la mort des ressortissants maliens. « J'ai la conscience tranquille », assène-t-il.

Il aurait aussi planifié l'attaque du Radisson Blu

Devant les enquêteurs, Ibrahim 10 est également revenu sur son parcours. C'est en 2007 qu'il s'engage dans le djihad auprès du groupe dirigé par le redoutable Mokhtar Belmokhtar dans le nord Mali. Il entend réagir à l'invasion de l'Irak par l'armée américaine en 2003. Selon ses dires, il suit un entraînement au maniement des armes dans le désert et gravit rapidement les échelons de l'organisation. En décembre 2008, il se distingue par le kidnapping à Niamey (Niger) de deux diplomates canadiens qui seront libérés un mois et demi plus tard. Cet acte, a-t-il expliqué, lui aurait permis d'être propulsé au sommet de l'organisation terroriste.

Outre son implication dans la fusillade de la Terrasse, ce père d'un enfant de 8 ans est soupçonné d'avoir planifié deux autres attentats au Mali : contre l'hôtel Byblos de Sévaré (13 morts le 7 août 2015) et contre l'hôtel Radisson Blu de Bamako (22 morts le 20 novembre 2015). Il est également censé comparaître cette semaine pour cette seconde attaque.

«Un silence clairement embarrassé»

Pour les proches de Fabien Guyomard, cette incertitude est évidemment pénible. « En dépit de nos demandes, nous n'avons aucun retour des autorités, déplore Me Gérard Chemla, l'avocat de la Fenvac. C'est un silence clairement embarrassé. Si la libération de Fawaz Ould Ahmed devait être confirmée, cela remettrait en cause les fondamentaux de l'opération Barkhane. »

« Nous espérons évidemment que l'accusé sera présent, embraye Sophia Seco, la directrice générale de la Fenvac. Il est très rare que les auteurs directs d'un acte terroriste comparaissent. Dans ce dossier, il faut aussi souligner la qualité des investigations au Mali. Pour nous qui sommes mobilisés depuis le départ auprès de la famille de Fabien Guyomard, ce procès est un aboutissement. » Une source judiciaire se veut rassurante : « Rien n'indique que l'accusé a été libéré. » Fin de cet embarrassant suspense mardi.

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Arrêté en 2016, l'accusé avait revendiqué son geste. L'attentat a fait 5 morts : trois Maliens, un militaire belge et un jeune Français de 30 ans, Fabien Guyomard. Pour la famille de ce dernier, soutenue par la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac), c'est une étape décisive. L'audience doit être retransmise par vidéo dans une salle du tribunal judiciaire de Paris pour leur permettre d'y assister mais sans pouvoir intervenir dans les débats.

Echangé en secret contre Sophie Pétronin ?

Or, selon plusieurs organes de presse, Fawaz Ould Ahmed pourrait faire partie des quelque 200 djihadistes remis en liberté au début du mois en échange de la libération, le 8 octobre, d'un leader de l'opposition malienne, Soumaïla Cissé, et de l'otage française Sophie Pétronin. Mais cette information, très sensible, s'avère impossible à vérifier. « Nous aurions plutôt des informations contraires à sa libération mais qui restent à vérifier », indique une source proche du dossier.

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Le soir des faits, tandis que son complice est chargé de faire le guet dans une ruelle, Fawaz ould Ahmed pénètre dans le bar et s'isole dans les toilettes. Là, il enfile une cagoule noire et sort de son sac une kalachnikov, une arme de poing et des grenades. Le carnage peut débuter. Outre les cinq victimes, plusieurs clients sont blessés, dont des ressortissants suisses.

Fabien Guyomard, la victime française de l’attaque du 6 mars 2015./DR
Fabien Guyomard, la victime française de l’attaque du 6 mars 2015./DR 

Moins d'une semaine plus tard, son complice est tué lors de son interpellation. Le Mauritanien, lui, prend la fuite avant d'être arrêté en avril 2016. D'emblée, il reconnaît les faits. Et s'en vante. « Je ne regrette absolument pas mes actes. Je l'ai fait pour Dieu et je ne compte pas demander pardon à quelqu'un », revendique-t-il lors d'un interrogatoire, exprimant uniquement des remords pour la mort des ressortissants maliens. « J'ai la conscience tranquille », assène-t-il.

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Outre son implication dans la fusillade de la Terrasse, ce père d'un enfant de 8 ans est soupçonné d'avoir planifié deux autres attentats au Mali : contre l'hôtel Byblos de Sévaré (13 morts le 7 août 2015) et contre l'hôtel Radisson Blu de Bamako (22 morts le 20 novembre 2015). Il est également censé comparaître cette semaine pour cette seconde attaque.

«Un silence clairement embarrassé»

Pour les proches de Fabien Guyomard, cette incertitude est évidemment pénible. « En dépit de nos demandes, nous n'avons aucun retour des autorités, déplore Me Gérard Chemla, l'avocat de la Fenvac. C'est un silence clairement embarrassé. Si la libération de Fawaz Ould Ahmed devait être confirmée, cela remettrait en cause les fondamentaux de l'opération Barkhane. »

« Nous espérons évidemment que l'accusé sera présent, embraye Sophia Seco, la directrice générale de la Fenvac. Il est très rare que les auteurs directs d'un acte terroriste comparaissent. Dans ce dossier, il faut aussi souligner la qualité des investigations au Mali. Pour nous qui sommes mobilisés depuis le départ auprès de la famille de Fabien Guyomard, ce procès est un aboutissement. » Une source judiciaire se veut rassurante : « Rien n'indique que l'accusé a été libéré. » Fin de cet embarrassant suspense mardi.

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