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APRÈS LES « REGRETS », LA CLASSE POLITIQUE CONGOLAISE DEMANDE À LA BELGIQUE DES EXCUSES ET DES RÉPARATIONS
01/07/2020 à 22h03 par La redaction

Tous les regards se sont tournés vers la présidence congolaise… en vain. C’est la ministre des affaires étrangères qui s’est finalement chargée de la réaction officielle de la République démocratique du Congo (RDC) aux « profonds regrets » exprimés, mardi 30 juin, par le roi Philippe de Belgique pour les crimes commis par son pays pendant la période coloniale. Un mea culpa qui a mis « du baume sur le cœur des Congolais », selon Marie Tumba Nzeza, et qui pourrait marquer le début d’un « changement profond » dans les relations entre les deux pays.

Si globalement, le message du souverain a été bien accueilli, beaucoup de Congolais ont émis des réserves sur la démarche, regrettant que la lettre adressée au président Félix Tshisekedi ne comporte pas d’excuses au sens strict. Un repentir par trop « incomplet », selon Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle de 2018, interrogé par Le Monde Afrique.

Dans sa lettre, Philippe évoque en effet les crimes commis par la Belgique au Congo lorsque le pays était la propriété personnelle de son ancêtre, le roi Léopold II, et pendant la période coloniale de 1908 à 1960. Il ne dit rien des années qui ont suivi l’indépendance, le 30 juin 1960. Or « il y a encore beaucoup de questions sur les responsabilités de chacun, dont la Belgique, dans la mort de Patrice Lumumba [premier chef du gouvernement du Congo indépendant] », pointe son petit-neveu, le militant anticorruption Jean-Jacques Lumumba.

Une commission « vérité et réconciliation »

Justine Kasa-Vubu va plus loin encore, dénonçant un acte de contrition « hypocrite »« Pour qu’on pardonne à la Belgique, il faut que le pays reconnaisse ses erreurs, mais surtout qu’il arrête d’interférer encore aujourd’hui dans nos affaires », s’agace la fille du premier président congolais, Joseph Kasa-Vubu. La lettre, ajoute-t-elle, « arrive dans le contexte du mouvement antiraciste qui a suivi la mort de George Floyd [un Afro-Américain tué par la police le 25 mai] et c’est dommage. La classe politique belge n’a pas terminé son autocritique. »

Lire aussi Pourquoi les statues coloniales laissent les Congolais de marbre

Le texte a en tout cas ravivé le vieux débat sur la question des réparations. Comme le rappelle l’ONG Human Rights Watch, le travail forcé, l’exploitation et la ségrégation sont considérés aujourd’hui comme des crimes contre l’humanité. L’organisation demande donc « des compensations financières, la reconnaissance des atrocités passées et des dommages qu’ils continuent de causer », mais également « la fin des abus qui continuent d’être commis ». Jean-Jacques Lumumba propose, lui, que la Belgique investisse dans l’éducation en RDC, et notamment l’enseignement de l’histoire coloniale.

En Belgique, une commission d’enquête parlementaire « vérité et réconciliation » va être ouverte. Des excuses officielles pourraient être présentées au peuple congolais au terme de l’enquête.

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Tous les regards se sont tournés vers la présidence congolaise… en vain. C’est la ministre des affaires étrangères qui s’est finalement chargée de la réaction officielle de la République démocratique du Congo (RDC) aux « profonds regrets » exprimés, mardi 30 juin, par le roi Philippe de Belgique pour les crimes commis par son pays pendant la période coloniale. Un mea culpa qui a mis « du baume sur le cœur des Congolais », selon Marie Tumba Nzeza, et qui pourrait marquer le début d’un « changement profond » dans les relations entre les deux pays.

Si globalement, le message du souverain a été bien accueilli, beaucoup de Congolais ont émis des réserves sur la démarche, regrettant que la lettre adressée au président Félix Tshisekedi ne comporte pas d’excuses au sens strict. Un repentir par trop « incomplet », selon Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle de 2018, interrogé par Le Monde Afrique.

Dans sa lettre, Philippe évoque en effet les crimes commis par la Belgique au Congo lorsque le pays était la propriété personnelle de son ancêtre, le roi Léopold II, et pendant la période coloniale de 1908 à 1960. Il ne dit rien des années qui ont suivi l’indépendance, le 30 juin 1960. Or « il y a encore beaucoup de questions sur les responsabilités de chacun, dont la Belgique, dans la mort de Patrice Lumumba [premier chef du gouvernement du Congo indépendant] », pointe son petit-neveu, le militant anticorruption Jean-Jacques Lumumba.

Une commission « vérité et réconciliation »

Justine Kasa-Vubu va plus loin encore, dénonçant un acte de contrition « hypocrite »« Pour qu’on pardonne à la Belgique, il faut que le pays reconnaisse ses erreurs, mais surtout qu’il arrête d’interférer encore aujourd’hui dans nos affaires », s’agace la fille du premier président congolais, Joseph Kasa-Vubu. La lettre, ajoute-t-elle, « arrive dans le contexte du mouvement antiraciste qui a suivi la mort de George Floyd [un Afro-Américain tué par la police le 25 mai] et c’est dommage. La classe politique belge n’a pas terminé son autocritique. »

Lire aussi Pourquoi les statues coloniales laissent les Congolais de marbre

Le texte a en tout cas ravivé le vieux débat sur la question des réparations. Comme le rappelle l’ONG Human Rights Watch, le travail forcé, l’exploitation et la ségrégation sont considérés aujourd’hui comme des crimes contre l’humanité. L’organisation demande donc « des compensations financières, la reconnaissance des atrocités passées et des dommages qu’ils continuent de causer », mais également « la fin des abus qui continuent d’être commis ». Jean-Jacques Lumumba propose, lui, que la Belgique investisse dans l’éducation en RDC, et notamment l’enseignement de l’histoire coloniale.

En Belgique, une commission d’enquête parlementaire « vérité et réconciliation » va être ouverte. Des excuses officielles pourraient être présentées au peuple congolais au terme de l’enquête.

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