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61 ans d’indépendance du Bénin, retour sur une décolonisation en plusieurs étapes

61 ans indépendance du Bénin retour décolonisation plusieurs étapes

Le Bénin célèbre ce dimanche le 61e anniversaire de son accession à l’indépendance. Une célébration que le gouvernement du Président Patrice Talon a voulu sobre, sans défilé militaire. En ce jour anniversaire, on revient sur les principales étapes de la marche du Dahomey (actuel Bénin) vers l’accession à la souveraineté nationale et internationale.

Ce dimanche, 1er août 2021, le Bénin célèbre le 61e anniversaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale. Une célébration remarquablement sobre, en raison de la situation sanitaire due au Covid-19. En effet, contrairement aux pratiques habituelles, les Béninois n’ont pas eu droit, ce jour, au traditionnel défilé militaire qui agrémentait la fête de l’indépendance. Les autorités ont fait l’option de la sobriété. Tout le cérémonial s’est déroulé en moins de 20 minutes. La première étape a été celle du dépôt de gerbe au monument aux morts, à Xwlacodji, un quartier de Cotonou, situé à quelques encablures du Palais de Marina (Présidence du Bénin).

Entre l’arrivée de Patrice Talon, le dépôt de gerbe et l’allumage de la flamme de l’espoir, il s’est écoulé à peine 5 minutes. Ensuite, direction le Palais de la Marina où l’attendait une représentation de huit pelotons des forces de défense et de sécurité béninoises. Le cortège présidentiel s’immobilise à 10 heures au palais où Patrice Talon passe en revue les troupes en 9 minutes.
C’est le 1er août 1960 que le Dahomey a accédé à l’indépendance qui n’a été que le couronnement d’une décolonisation en plusieurs étapes.

Une indépendance négociée, sans rupture avec la métropole

L’élite politique dahoméenne, comme celle de la plupart des autres colonies française d’Afrique subsaharienne, n’a pas milité en faveur de l’indépendance de leur territoire. La belle preuve, c’est qu’elle a appelé à voter « Oui » pour la communauté franco-africaine, à elle proposée par la France du général Charles de Gaulle, à l’occasion du référendum du 28 septembre 1958. En appelant à voter « Oui », cette élite a clairement dit non à l’indépendance, s’inscrivant plutôt sur la voie tracée par la métropole elle-même dépassée par la force du vent de décolonisation qui soufflait sur le monde au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Cette voie comprenait trois étapes essentielles : l’institution du système représentatif, la naissance du pouvoir exécutif et l’accession à l’indépendance proprement dite.

1- L’institution du système représentatif

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Dahomey comme les autres colonies françaises d’Afrique devait envoyer des représentants au sein des différentes assemblées créées entre 1945 et 1958. Ainsi, à l’Assemblée constituante de 1945, le Dahomey fut représenté par le père Francis Aupiais désigné au 1er collège, et Sourou Migan Apithy, élu au 2e collège. Une classe politique dahoméenne émergeait ainsi. Elle sera composée, en dehors de Sourou Migan Apithy, de Hubert Maga, de Justin Tomètin Ahomadégbé, d’Émile Derlin Zinsou, d’Émile Poisson, de Paul Hazoumè, de René Déroux, etc. au départ, tous réunis au sein d’un parti d’envergure national, l’Union progressiste dahoméenne (UPD), créé en 1946. Mais très vite, ce parti national volera en éclats pour donner naissance à des partis régionaux dont les principaux étaient : le Parti républicain du Dahomey (PRD) de Sourou Migan Apithy ancré au sud-est de la colonie, l’Union démocratique dahoméenne (UDD) de justin Tomètin Ahomadégbé bien assise dans le centre du Dahomey, et le Rassemblement démocratique dahoméen (RDD) de Hubert Maga auquel s’identifiaient les ressortissants de la partie septentrionale du territoire.

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2- La naissance du pouvoir exécutif

En 1956, la mise en application de la Loi-Cadre Gaston Defferre donna un début d’autonomie aux colonies devenues des territoires dotés d’un Conseil de gouvernement et de services civils propres. C’est ainsi qu’en mai 1957, Sourou Migan Apithy, leader du PRD, parti majoritaire à l’Assemblée territoriale du Dahomey devint le premier vice-président du Conseil de gouvernement dahoméen et donc le chef des trois gouvernements d’autonomie interne constitués sous la Loi-Cadre.

Le 28 septembre 1958, le Dahomey vota « Oui » comme les autres colonies du groupe – à l’exception de la Guinée de Sékou Touré ; au Niger, plusieurs sources rapportent des pressions et des intimidations sur les électeurs ainsi que des manipulations des résultats pour empêcher la victoire du « Non » défendu par le mouvement Sawaba de Djibo Bakary – au référendum sur la communauté franco-africaine. Ce référendum accéléra le processus de formation de l’État dahoméen qui naîtra officiellement, le 4 décembre 1958.

Le 14 février 1959, fut adoptée la première Constitution du Dahomey qui vint consacrer l’existence légale autonome du nouvel État. Conformément à cette Constitution, des élections législatives furent organisées, le 2 avril 1959, et consacrèrent la victoire de la coalition entre le RDD de Hubert Maga et l’UDD de Justin Tomètin Ahomadégbé qui sera élu président de l’Assemblée nationale. Hubert Maga devint donc Premier ministre, un poste qui serait logiquement revenu à Sourou Migan Apithy si ses deux autres rivaux ne s’étaient pas coalisés contre lui.

3- L’accession à l’indépendance

Avec les avancées introduites par le référendum du 28 septembre 1958, le Dahomey était prêt pour acquérir l’indépendance conformément au calendrier établi par la métropole. La dernière étape avant cette indépendance était le transfert des compétences. Et là-dessus, les positions étaient divergentes au sein de la classe politique dahoméenne. Pendant que la coalition au pouvoir (le tandem Maga-Ahomadégbé) s’opposait à toute idée d’indépendance, l’opposition organisée au sein du Parti des nationalistes dahoméens d’Émile Derlin Zinsou et Alexandre Sènou Adandé, exigeait, pour sa part, le transfert immédiat des compétences.

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Le général de Gaulle trancha le débat en décidant, comme le demandait la Fédération du Mali – regroupant le Sénégal de Léopold Sédar Senghor et le Soudan de Modibo Keïta – en avril 1959, de transférer les compétences. C’est par dépit que les autorités dahoméennes et celles des autres pays du Conseil de l’Entente (Côte d’Ivoire, Niger et Haute-Volta) créé à l’initiative de Félix Houphouët-Boigny, le 29 mai 1959, pour faire pièce au projet de la Fédération du Mali, exigèrent et obtinrent le transfert des compétences, le 11 juillet 1960, rejetant entre-temps le projet de la communauté rénovée que la métropole avait fini par leur proposer.

C’est dans ces conditions que fut proclamée l’indépendance du Dahomey, le 1er août 1960. Le caractère nominal et parfaitement inopérant de cette indépendance est confirmé par la signature des accords de coopération, le 24 avril 1961. Le Dahomey marchait ainsi sur les pas de la Fédération du Mali qui a signé les siens, le 21 juin 1960. Le sort du pays était ainsi scellé. Il se trouvait pieds et mains liés dans une totale dépendance vis-à-vis de son ancienne métropole.

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